Emploi saisonnier cueillette de fruits en Espagne : fraises, fruits à noyau et agrumes
La cueillette saisonnière en Espagne consiste à récolter fraises, fruits rouges, pêches, poires, agrumes ou olives pour des exploitations agricoles, sous contrat temporaire ou fixe-discontinu, de janvier à décembre selon les régions, de l’Andalousie à la Catalogne.

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Que récolte-t-on et où en Espagne ?
L’Espagne est le premier verger de l’Union européenne. Ses campagnes de récolte se succèdent presque toute l’année, ce qui permet d’enchaîner plusieurs contrats en changeant de région. Les exploitations recrutent des cueilleurs, des trieurs en station de conditionnement et des conducteurs d’engins.
La province de Huelva domine pour la fraise et les fruits rouges, la vallée de l’Èbre (Lleida, Huesca, Saragosse) pour les pêches, nectarines, poires et pommes, la région de Murcie et celle de Valence pour les agrumes, et Jaén ou Cordoue pour les olives.
Le calendrier des principales campagnes
La fraise et les fruits rouges de Huelva se récoltent en gros de février à juin. Les fruits à noyau de Lleida et d’Aragon suivent de mai à septembre, les pommes et poires en août et septembre, puis les agrumes valenciens d’octobre à avril.
La récolte des olives, en Andalousie, s’étale de novembre à février. Dans la région de Segovia (El Carracillo), la fraise de pépinière mobilise aussi des centaines de saisonniers. Un travailleur mobile peut ainsi rester actif près de dix mois par an.
Le travail au quotidien dans les champs
La journée commence tôt, souvent vers sept heures, pour éviter la chaleur. La cueillette se fait penché sous les tunnels plastiques pour la fraise, ou sur échelle pour les fruits à noyau. Le rendement, la délicatesse et le respect des calibres sont contrôlés en permanence.
Le travail en station de conditionnement
Les almacenes et centrales hortofrutícolas trient, calibrent et emballent les fruits. Ces postes en intérieur, plus réguliers, conviennent à ceux qui supportent mal l’effort physique au champ, mais imposent des horaires décalés et des cadences rapides lors des pics de livraison.
Qui peut travailler à la cueillette en Espagne ?
Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de Suisse travaillent librement. Pour un séjour de plus de trois mois, ils demandent le certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union, qui comporte le NIE, auprès de l’Oficina de Extranjeros ou d’un commissariat. Un numéro de Sécurité sociale est également nécessaire.
Ressortissants hors UE : l’autorisation de temporada
Les ressortissants de pays tiers qui ne vivent pas en Espagne peuvent obtenir une autorisation de résidence temporaire et de travail pour activités de saison. Valable quatre ans pour un seul employeur, elle permet de travailler jusqu’à neuf mois par année civile avec un contrat fixe-discontinu.
Le recrutement collectif en origine GECCO 2026
La gestion collective des embauches en origine (GECCO) est fixée pour 2026 par l’Orden ISM/1547/2025, publiée au BOE le 30 décembre 2025. Les organisations agricoles recrutent directement dans des pays partenaires comme le Maroc, la Colombie, l’Équateur, la Mauritanie, l’Ukraine, le Honduras, la République dominicaine et le Guatemala.
Obligations de l’employeur et retour au pays
L’employeur paie au minimum le voyage d’arrivée, fournit un logement digne pendant toute la campagne et déclare le travailleur à la Sécurité sociale. À la fin de la saison, le saisonnier doit se présenter au consulat dans un délai d’un mois pour prouver son retour.
Salaire, horaires et logement des cueilleurs
Le salaire minimum interprofessionnel (SMI) 2026, fixé par le Real Decreto 126/2026, atteint 1 221 euros par mois en quatorze versements. Pour les saisonniers et temporaires employés moins de 120 jours par la même entreprise, le plancher est de 57,82 euros par jour travaillé.
Les conventions collectives provinciales du secteur agricole, comme celles de Huelva ou de Lleida, fixent des salaires journaliers égaux ou supérieurs au SMI. Le paiement au rendement, à la caisse, reste autorisé seulement s’il garantit au moins le minimum légal.
Contrat et durée du travail
Depuis la réforme du travail de 2021, la majorité des saisonniers agricoles signent un contrat fixe-discontinu, qui les rappelle chaque campagne, ou un contrat temporaire pour circonstances de production. La durée maximale reste de 40 heures hebdomadaires en moyenne, heures supplémentaires payées en plus.
Le logement pendant la campagne
Pour les contrats GECCO, le logement est obligatoire et le loyer ne peut dépasser 15 % de l’IPREM, ou 22 % charges comprises. Les autres saisonniers doivent souvent se loger seuls : dans les zones fraisières, les chambres disponibles sont rares dès février.
Trouver une place en sept étapes
Les étapes ci-dessous valent pour les citoyens européens comme pour les candidats recrutés en origine, avec des démarches administratives plus longues pour ces derniers, qui passent par le consulat espagnol de leur pays.
- Choisissez une campagne et une région selon le calendrier : fraises à Huelva, fruits à Lleida, agrumes à Valence.
- Inscrivez-vous auprès du service public d’emploi régional et consultez les offres agricoles du portail Empléate.
- Contactez les coopératives, organisations agricoles et entreprises de travail temporaire agréées de la zone.
- Exigez un contrat écrit indiquant le salaire journalier, la convention applicable, le logement et les horaires.
- Hors UE : vérifiez que l’offre relève de GECCO ou d’une autorisation de temporada, puis demandez le visa au consulat.
- À l’arrivée, demandez le NIE et votre numéro de Sécurité sociale, ou vérifiez que l’employeur s’en charge.
- Conservez vos fiches de paie et le relevé de vos journées travaillées pour faire valoir vos droits.
Repères chiffrés et documents à prévoir
Ce tableau rassemble les montants légaux 2026 et les principales pièces exigées pour une saison de cueillette, afin de comparer les offres et d’anticiper le budget de départ avant le premier salaire.
| Élément | Détail | Montant ou délai 2026 |
|---|---|---|
| SMI mensuel | 14 versements par an | 1 221 € |
| SMI journalier saisonnier | Moins de 120 jours, même entreprise | 57,82 € par jour |
| Loyer maximal GECCO | Logement fourni par l’employeur | 15 % de l’IPREM |
| NIE ou certificat UE | Oficina de Extranjeros ou police | Dans les 3 mois |
| Séjour maximal saison hors UE | Autorisation de temporada | 9 mois par année civile |
| Équipement personnel | Chaussures, gants, chapeau | À prévoir avant le départ |
Erreurs fréquentes et arnaques
Les inspections du travail et les syndicats agricoles relèvent chaque année les mêmes abus. Ces pièges concernent autant les citoyens européens que les travailleurs recrutés à l’étranger.
- Verser de l’argent à un recruteur pour obtenir une place : l’embauche en origine est gratuite pour le travailleur.
- Accepter un paiement à la caisse inférieur au salaire journalier minimum.
- Travailler sans déclaration à la Sécurité sociale, sans protection en cas d’accident.
- Arriver sans logement réservé dans les zones fraisières en pleine saison.
- Rester en Espagne après la fin de l’autorisation, ce qui ferme l’accès aux campagnes suivantes.
Combien gagne un cueilleur en Espagne en 2026 ?
Au minimum 57,82 euros par journée pour un contrat de moins de 120 jours, ou 1 221 euros par mois pour un emploi stable. Les conventions provinciales et les primes de rendement peuvent porter la rémunération au-delà, selon la culture et l’exploitation.
Faut-il parler espagnol ?
Ce n’est pas obligatoire pour la cueillette, mais quelques bases facilitent la sécurité, la compréhension des consignes et les démarches. Dans les équipes, on entend souvent l’arabe, le roumain ou le français, mais les chefs d’équipe s’expriment surtout en espagnol.
Peut-on enchaîner plusieurs campagnes ?
Oui. Un citoyen européen peut passer de la fraise de Huelva aux fruits de Lleida, puis aux agrumes. Pour un ressortissant hors UE, GECCO prévoit des projets enchaînés entre employeurs, sans dépasser neuf mois de travail par année civile.
Le logement est-il fourni par l’employeur ?
Il est obligatoire pour les travailleurs recrutés via GECCO ou une autorisation de temporada. Pour les autres, c’est une pratique fréquente mais non systématique : demandez avant le départ le type d’hébergement, le nombre d’occupants et le montant éventuellement retenu.
Où trouver ces emplois
- EURES – Vivre et travailler en Espagne — Guide EURES sur la recherche d’emploi en Espagne : SEPE, portail Empléate, services régionaux, agences d’intérim, NIE et Sécurité sociale.
- EURES – Services aux demandeurs d’emploi — Portail européen proposant offres, conseillers EURES et journées de recrutement pour travailler dans l’agriculture d’un autre pays de l’UE.
- EURES – Targeted Mobility Scheme — Dispositif européen pour les 18 ans et plus de l’UE, de Norvège ou d’Islande : aide possible au voyage et aux cours de langue.
Références officielles et légales
- SMI 2026 – Real Decreto 126/2026 — Synthèse du décret fixant le salaire minimum 2026 : 1 221 € par mois et 57,82 € par jour pour les saisonniers de moins de 120 jours.
- Orden ISM/1547/2025 – GECCO 2026 (BOE) — Texte officiel encadrant le recrutement collectif en origine en 2026 : durée maximale, logement, voyage et pays prioritaires.
- Fiche 23 – Autorisation pour activités de temporada — Fiche du ministère de l’Inclusion sur l’autorisation saisonnière : quatre ans, neuf mois par an, obligations de l’employeur et retour.