Travail saisonnier au Brésil : récoltes tropicales, vendanges et tourisme
Le Brésil emploie chaque année des centaines de milliers de saisonniers pour récolter café, oranges, raisin, pommes et fruits tropicaux, et pour l’été touristique et le Carnaval, des emplois ouverts aux étrangers titulaires d’un visa vacances-travail ou d’une résidence autorisant le travail.

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Quelles saisons de travail au Brésil ?
Pays-continent, le Brésil cumule des calendriers très différents. Le Sud tempéré récolte raisin et pommes en été austral, le Sud-Est cueille café et oranges pendant la saison sèche, et le Nordeste irrigué produit fruits et melons presque toute l’année.
Le café, première récolte saisonnière
Premier producteur mondial de café, le Brésil récolte surtout de mai à septembre. Le Sud du Minas Gerais et le Cerrado Mineiro dominent l’arabica, tandis que l’Espírito Santo produit le conilon. La mécanisation progresse, mais les terrains en pente restent cueillis à la main.
- Minas Gerais : Sul de Minas, Cerrado Mineiro et Matas de Minas, de mai à septembre.
- Espírito Santo et Rondônia : café conilon, d’avril à août.
- São Paulo : région de la Mogiana, de mai à août.
- Bahia : plateaux de l’ouest et Chapada Diamantina, d’avril à septembre.
Fruits, vendanges et canne à sucre
La ceinture d’agrumes de São Paulo et du Minas Gerais cueille les oranges de mai à janvier. La Serra Gaúcha vendange de janvier à mars autour de Bento Gonçalves. Les pommes de Santa Catarina et du Rio Grande do Sul se récoltent de janvier à avril.
- Vale do São Francisco : raisin de table et mangues, deux récoltes par an.
- Rio Grande do Norte et Ceará : melons d’août à janvier.
- São Joaquim et Vacaria : pommes de janvier à avril.
- Canne à sucre : récolte d’avril à novembre, désormais très mécanisée.
Le tourisme saisonnier
La haute saison touristique va de décembre au Carnaval, en février ou mars, sur le littoral de Florianópolis, Búzios, Porto Seguro ou du Nordeste. Les fêtes de juin animent Caruaru et Campina Grande, et Gramado recrute pour ses illuminations de fin d’année.
Qui peut travailler au Brésil ?
Le visa touristique et l’exemption de visa des Européens interdisent toute activité rémunérée. Un étranger doit obtenir un visa ou une autorisation de résidence pour travail, prévus par la loi de migration de 2017, puis un CPF et l’enregistrement de son contrat.
Le visa vacances-travail
Le Brésil accueille dans ce cadre les jeunes Français, Allemands et Néo-Zélandais âgés de 18 à 30 ans, pour un séjour d’un an. Le visa se demande au consulat du Brésil du pays d’origine, avec preuve de ressources et assurance santé.
La résidence Mercosur
Les ressortissants d’Argentine, de Bolivie, du Paraguay, d’Uruguay et des pays associés comme le Chili, la Colombie, l’Équateur et le Pérou peuvent obtenir une résidence temporaire de deux ans sur critère de nationalité, avec droit au travail.
L’autorisation de travail classique
Pour les autres, l’employeur doit demander une autorisation de résidence pour travail auprès du ministère compétent, ce qui suppose un contrat formel et souvent des qualifications. Cette voie est très rarement utilisée pour des emplois agricoles saisonniers peu qualifiés.
Salaire et conditions de travail
Le salaire minimum national s’élève à 1 621 réais par mois depuis le 1er janvier 2026, versé treize fois par an grâce au 13e salaire. Plusieurs États, dont São Paulo et le Rio Grande do Sul, appliquent un plancher régional plus élevé.
| Élément | Règle ou montant | Précision |
|---|---|---|
| Salaire minimum national | 1 621 R$ par mois en 2026 | Planchers régionaux supérieurs possibles |
| Durée du travail | 8 h par jour, 44 h par semaine | Heures supplémentaires majorées de 50 % |
| Contrat de safra | Durée liée à la récolte | Droits proportionnels en fin de contrat |
| 13e salaire et congés | Au prorata des mois travaillés | Congés majorés d’un tiers |
| FGTS | Dépôt mensuel de l’employeur | Retrait en fin de contrat |
| Documents | Passeport, visa, CPF, carteira de trabalho digitale | Enregistrement obligatoire |
Le contrat de safra
La loi sur le travail rural de 1973 prévoit le contrat de safra, dont la durée dépend des variations saisonnières de l’activité agricole. À son terme, le travailleur peut retirer son FGTS et perçoit le 13e salaire et les congés proportionnels aux mois travaillés.
Le travail temporaire dans le tourisme
Hôtels et restaurants recourent au contrat à durée déterminée prévu par la CLT ou au travail temporaire via une agence agréée, pour 180 jours maximum, prolongeables de 90 jours. Les pourboires, souvent fixés à 10 %, sont encadrés par la loi.
Logement et alimentation
Dans les grandes exploitations caféières ou fruitières, l’employeur loge parfois les cueilleurs venus d’autres régions. Les retenues pour logement et repas sont plafonnées par la loi rurale. Dans le tourisme, le logement du personnel reste rare hors des complexes hôteliers.
Comment trouver un emploi saisonnier ?
Le réseau public SINE et l’application Carteira de Trabalho Digitale publient des offres, complétés par les coopératives agricoles, les syndicats ruraux et les sites d’emploi privés. Dans le tourisme, les candidatures directes en début de saison restent efficaces.
- Obtenir le visa adapté : vacances-travail, résidence Mercosur ou autorisation de travail.
- Demander le CPF, numéro fiscal indispensable, auprès du consulat ou sur place.
- Activer la carteira de trabalho digitale.
- Consulter les offres du SINE et des agences municipales de l’emploi.
- Contacter coopératives, exploitations et hôtels avant la saison.
- Signer un contrat enregistré, mentionnant salaire, durée et logement.
- Conserver les bulletins de paie et justificatifs de dépôts FGTS.
Erreurs et abus à éviter
Les inspecteurs du travail libèrent encore chaque année des travailleurs soumis à des conditions analogues à l’esclavage, notamment dans les récoltes. En 2023, plus de 200 vendangeurs ont été secourus dans la région de Bento Gonçalves, recrutés par un sous-traitant.
- Accepter un recrutement par un intermédiaire, ou gato, qui avance voyage et logement.
- Travailler sans contrat enregistré sur la carteira de trabalho.
- Laisser un employeur retenir passeport ou documents.
- Accepter des dettes de logement ou de nourriture déduites du salaire.
- Travailler avec un visa touristique, même dans l’hôtellerie.
Un Français peut-il cueillir le café avec un PVT ?
Oui, le visa vacances-travail permet des emplois temporaires, y compris agricoles, dans le respect de la législation brésilienne. En pratique, la cueillette manuelle du café est peu rémunérée et physique, et le tourisme offre souvent davantage d’opportunités aux jeunes étrangers.
Faut-il parler portugais ?
Oui, le portugais est quasiment indispensable dans les récoltes et la plupart des emplois touristiques. L’espagnol aide à communiquer, mais les contrats, consignes de sécurité et échanges avec les collègues se font en portugais. L’anglais n’est utile que dans les hôtels internationaux.
Comment fonctionne le FGTS pour un saisonnier ?
L’employeur verse chaque mois 8 % du salaire sur un compte FGTS au nom du salarié. À la fin d’un contrat à durée déterminée ou de safra, le travailleur peut retirer ce solde, ce qui constitue une épargne utile.
Quelle région choisir pour une première saison ?
Le Sud du Minas Gerais combine récolte du café et proximité de São Paulo. La Serra Gaúcha offre des vendanges dans un paysage d’origine européenne. Pour le tourisme, Florianópolis et le littoral nordestin recrutent beaucoup de décembre à mars.
Où trouver ces emplois
- Sine – rechercher un emploi (gov.br) — Service fédéral gratuit du Ministère du Travail : inscription au Portal Emprega Brasil ou en agence Sine pour consulter les offres et postuler.
- Carteira de Trabalho Digital (MTE) — Ministère du Travail : carnet de travail numérique lié au CPF, accès aux offres du Sine dans l’application et au portail Emprega Brasil.
- FGTAS/Sine Rio Grande do Sul – candidater — Service de l’emploi du Rio Grande do Sul, région des vendanges de la Serra Gaúcha : candidature en agence, sur Emprega Brasil ou l’appli Sine Fácil.
Références officielles et légales
- Décret 12.797/2025 – salaire minimum 2026 — Texte officiel fixant le salaire minimum national à 1 621 R$ par mois, 54,04 R$ par jour et 7,37 R$ de l’heure dès janvier 2026.
- Autorisation de résidence pour travail (MJSP) — Procédure fédérale via MigranteWeb pour obtenir une résidence à des fins de travail : documents, taxe de traitement et délais d’instruction.