Emploi saisonnier en Italie : récoltes, stations balnéaires et decreto flussi
L’Italie recrute chaque année des saisonniers pour les vendanges, les pommes, les tomates et les agrumes, pour ses stations balnéaires et ses domaines skiables, avec des salaires fixés par conventions collectives et 88 000 entrées saisonnières hors UE prévues en 2026.

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Quel travail saisonnier en Italie ?
Le lavoro stagionale italien repose sur l’agriculture, très dépendante de la main-d’œuvre étrangère, et sur un tourisme parmi les plus importants d’Europe, des plages de l’Adriatique aux lacs du nord et aux Dolomites. Les deux secteurs offrent des contrats de quelques semaines à plusieurs mois.
Dans les champs, il s’agit de cueillette, de taille, de tri et de conditionnement. Dans l’hôtellerie, les postes de serveur, barman, cuisinier, femme de chambre, réceptionniste et animateur dominent. L’italien est apprécié partout et indispensable pour le contact avec la clientèle.
Régions agricoles et productions
Le Trentin-Haut-Adige et le Val di Non fournissent une grande part des pommes européennes. Le Piémont des Langhe, la Toscane du Chianti, la Vénétie du Prosecco et la Sicile organisent les vendanges. Les Pouilles, autour de Foggia, récoltent les tomates de transformation.
La Calabre et la Sicile produisent agrumes et olives en hiver, l’Émilie-Romagne fruits et légumes, et la Campanie cultures maraîchères. Les régions du sud recrutent beaucoup, mais c’est aussi là que les risques d’exploitation sont les plus élevés.
- Vignes : vendanges et travaux en vert, de la Toscane au Frioul.
- Vergers : pommes, poires, kiwis, pêches et cerises.
- Maraîchage : tomates, melons, légumes sous serre.
- Agrumes et olives : Sicile, Calabre, Pouilles.
Calendrier des saisons italiennes
La saison touristique estivale et les vendanges se chevauchent en septembre, ce qui crée des tensions sur le recrutement. Les grandes fenêtres restent toutefois stables d’une année à l’autre.
| Activité | Période | Régions |
|---|---|---|
| Tourisme balnéaire | Mai à septembre | Riviera romagnole, Ligurie, Sardaigne, Pouilles |
| Tomates | Juillet à septembre | Pouilles, Émilie-Romagne |
| Vendanges | Août à octobre | Piémont, Toscane, Vénétie, Sicile |
| Pommes | Septembre à octobre | Trentin-Haut-Adige |
| Olives | Octobre à décembre | Pouilles, Toscane, Calabre |
| Ski et agrumes | Décembre à avril | Dolomites, Val d’Aoste, Sicile |
Lacs, villes d’art et montagne
Le lac de Garde, le lac de Côme et le lac Majeur recrutent d’avril à octobre. En hiver, les stations des Dolomites, comme Cortina d’Ampezzo et le Val Gardena, et celles du Val d’Aoste embauchent pour les hôtels, les refuges et les remontées mécaniques.
Qui peut travailler en saison en Italie ?
Les Européens travaillent librement, tandis que les ressortissants de pays tiers doivent entrer dans le cadre du decreto flussi, qui fixe chaque année le nombre d’autorisations de travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.
Citoyens européens
Un ressortissant de l’UE, de l’EEE ou de Suisse n’a besoin d’aucun permis. Il doit obtenir un codice fiscale auprès de l’administration fiscale et, pour un séjour de plus de trois mois, s’inscrire à l’anagrafe de sa commune de résidence.
Le decreto flussi pour les non-Européens
Le decreto flussi 2026-2028 prévoit 88 000 entrées saisonnières agricoles et touristiques en 2026, 89 000 en 2027 et 90 000 en 2028. Les employeurs déposaient les demandes lors des click days du 12 janvier 2026 pour l’agriculture et du 9 février pour le tourisme.
Les demandes restent possibles jusqu’au 31 décembre 2026 dans la limite des quotas, avec priorité aux travailleurs ayant déjà fait une saison en Italie dans les cinq ans. Le nulla osta saisonnier est traité en priorité, puis le contrat de séjour est signé en ligne sous huit jours.
Durée du permis saisonnier
Le permis de séjour pour travail saisonnier couvre au maximum neuf mois par période de douze mois. Il ne permet pas de rester en Italie au-delà, sauf conversion dans les cas prévus par la loi, notamment après plusieurs saisons régulières.
Salaire et conditions de travail
L’Italie n’a pas de salaire minimum légal. La rémunération dépend des conventions collectives nationales, déclinées au niveau provincial dans l’agriculture, et de la convention du tourisme et de l’hôtellerie, qui fixent les salaires horaires ou mensuels par niveau.
Conventions collectives agricoles
Les ouvriers agricoles saisonniers, appelés operai a tempo determinato, sont payés selon les barèmes du contrat provincial, à l’heure ou à la journée de six heures et demie. Les écarts entre provinces sont réels, d’où l’intérêt de demander le barème applicable.
Tourisme et hôtellerie
Dans le tourisme, le contrat collectif fixe des salaires mensuels par niveau, avec treizième et souvent quatorzième mois proratisés. Le logement et les repas sont fréquemment fournis en hôtel, en particulier dans les stations isolées, et doivent figurer dans le contrat.
Cotisations et chômage saisonnier
Le saisonnier déclaré cotise à l’INPS. Les ouvriers agricoles et les salariés du tourisme peuvent, sous conditions, percevoir une indemnité de chômage entre deux saisons. Un contrat déclaré est donc aussi un investissement pour l’année suivante.
Étapes pour décrocher une saison en Italie
Le marché italien fonctionne beaucoup par réseau, agences et réembauche. Les étapes suivantes s’appliquent surtout aux Européens ; pour les autres, tout passe par l’employeur et le decreto flussi.
- Choisir le secteur et la région, puis vérifier le calendrier de la saison visée.
- Préparer un CV en italien avec disponibilités, langues et expériences similaires.
- Rechercher des offres via EURES et les centres pour l’emploi régionaux.
- Écrire directement aux hôtels, campings, coopératives agricoles et domaines viticoles deux à quatre mois avant.
- Obtenir le codice fiscale et ouvrir un compte bancaire ou une carte prépayée avec IBAN.
- Exiger un contrat écrit indiquant convention, niveau, salaire, horaires et logement.
- Pour un non-Européen, vérifier que l’employeur a obtenu le nulla osta avant de demander le visa.
Caporalato et autres pièges
Le caporalato, recrutement illégal par des intermédiaires qui prélèvent une partie du salaire, reste un problème grave dans l’agriculture italienne. Ces signaux doivent alerter tout candidat.
- Un intermédiaire qui organise transport et paie en liquide contre une commission.
- L’absence de contrat écrit ou de déclaration à l’INPS.
- Un hébergement surpeuplé facturé sur le salaire.
- Une promesse de nulla osta contre paiement : la démarche relève de l’employeur.
- Des journées très longues payées au forfait, sans relevé des heures.
Repères et documents
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux repères administratifs et salariaux. En l’absence de salaire minimum légal, il faut toujours vérifier le barème de la convention applicable avant de signer.
| Élément | Repère 2026 | Remarque |
|---|---|---|
| Salaire minimum légal | Aucun | Barèmes des conventions collectives |
| Quota saisonnier hors UE | 88 000 entrées en 2026 | Agriculture et tourisme |
| Durée maximale du permis | 9 mois sur 12 | Permis saisonnier |
| Documents UE | Identité, codice fiscale, IBAN | Anagrafe au-delà de 3 mois |
| Documents hors UE | Nulla osta, visa, contrat de séjour | Demandés par l’employeur |
Se loger en saison
Dans les stations balnéaires et de montagne, les loyers d’été et d’hiver sont élevés. Un poste logé et nourri, fréquent dans l’hôtellerie, réduit fortement les coûts. En agriculture, il faut vérifier la qualité de l’hébergement proposé et son coût réel.
Questions fréquentes
Ces réponses portent sur les questions les plus fréquentes des candidats européens et étrangers intéressés par une saison agricole ou touristique en Italie.
Combien gagne un saisonnier agricole en Italie ?
Il n’existe pas de chiffre national unique : le salaire dépend du contrat provincial et du niveau. Il faut demander le barème horaire ou journalier de la province concernée et vérifier qu’il apparaît sur la fiche de paie, la busta paga.
Un Marocain ou un Tunisien peut-il faire les vendanges ?
Oui, si un employeur italien obtient pour lui un nulla osta saisonnier dans le cadre des quotas du decreto flussi. Le travailleur demande ensuite un visa au consulat, puis signe le contrat de séjour à son arrivée en Italie.
Faut-il parler italien pour travailler l’été ?
Pour la cueillette, non, même si quelques notions aident. Dans l’hôtellerie et la restauration, l’italien est généralement attendu, et l’anglais ou l’allemand sont recherchés dans les zones très touristiques comme le lac de Garde ou le Haut-Adige.
Qu’est-ce qu’un click day ?
C’est la date à partir de laquelle les employeurs peuvent transmettre en ligne leurs demandes de nulla osta dans le cadre du decreto flussi. Les demandes sont traitées dans l’ordre d’arrivée jusqu’à épuisement des quotas, d’où l’importance de la préparation préalable.
Emplois saisonniers détaillés
Où trouver ces emplois
- EURES – Services aux demandeurs d’emploi — Réseau européen de l’emploi : offres saisonnières en Italie, conseillers EURES et salons de recrutement en ligne.
- EURES – Aide et assistance — Conseils pratiques pour rechercher des offres saisonnières européennes et contacter un conseiller EURES.
- Région Piémont – Brochure EURES — Brochure EURES diffusée par la Région Piémont : portail européen de l’emploi et services aux candidats.
Références officielles et légales
- Integrazione Migranti – Decreto flussi — Portail gouvernemental italien de l’intégration : actualités et textes du decreto flussi pour les travailleurs saisonniers.
- Diritto.it – Decreto flussi 2026-2028 — Guide juridique des quotas saisonniers 2026-2028, priorités, click days, délais de nulla osta et contrat de séjour.
- InformazioneFiscale – Click day saisonniers 2026 — Article sur les quotas d’entrées 2026 et les dates des click days pour l’agriculture et le tourisme.