Travail saisonnier au Chili : vendanges, récoltes et conditionnement de fruits
Le Chili, grand exportateur de cerises, raisin de table, myrtilles et vin, recrute chaque été austral des dizaines de milliers de temporeros pour la cueillette et le conditionnement des fruits, ainsi que pour le tourisme, avec un visa vacances-travail ou une résidence autorisant le travail.

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Comment se déroule la saison chilienne ?
La saison agricole culmine de novembre à avril, pendant l’été austral. Les temporeros et temporeras travaillent soit au champ, pour la cueillette, soit dans les centres de conditionnement appelés packings, où les fruits sont triés, calibrés et emballés pour l’export.
Les principales cultures et régions
La vallée centrale, entre Santiago et Concepción, concentre l’essentiel des emplois. Le Chili est le premier exportateur mondial de cerises, et leur récolte mobilise une main-d’œuvre considérable sur quelques semaines, suivie du raisin de table, des pommes et des kiwis.
- Cerises : régions d’O’Higgins, du Maule, du Ñuble et du Biobío, de novembre à janvier.
- Raisin de table : Atacama dès novembre, puis Coquimbo, Valparaíso et O’Higgins jusqu’en avril.
- Myrtilles : Maule, Ñuble, Biobío et Araucanía, de novembre à mars.
- Pommes et kiwis : Maule et O’Higgins, de février à mai.
- Avocats et agrumes : Valparaíso et Coquimbo, selon les variétés.
La vendimia dans les vallées viticoles
Les vendanges se déroulent de février à mai selon les cépages. Les vallées de Colchagua, Maipo, Casablanca, Curicó, Maule et Itata recrutent des vendangeurs et du personnel de cave. Le carménère, cépage emblématique, se récolte parmi les derniers, souvent en avril et mai.
Le tourisme saisonnier
L’hiver, les stations de Valle Nevado, La Parva, Portillo et Nevados de Chillán embauchent de juin à septembre. L’été, la Patagonie autour de Torres del Paine, la région des lacs de Pucón et le littoral de Viña del Mar recrutent guides, serveurs et réceptionnistes.
Qui peut travailler au Chili ?
Un séjour touristique n’autorise aucun travail. Depuis la loi migratoire 21.325, la plupart des résidences temporaires doivent être demandées depuis l’étranger auprès du Service national des migrations, qui délivre un titre permettant d’obtenir le RUT et de signer un contrat.
Le visa vacances-travail
Le Chili a signé des accords vacances-travail avec la France, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, le Canada, l’Irlande, le Portugal, la Pologne, la Suède, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et d’autres pays. Le visa dure un an, de 18 à 30 ans en général, 35 ans pour les Canadiens.
La résidence Mercosur et l’Alliance du Pacifique
Les ressortissants d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Paraguay, d’Uruguay, de Colombie, d’Équateur et du Pérou peuvent demander une résidence temporaire au titre de l’accord Mercosur. Les jeunes Colombiens, Mexicains et Péruviens disposent aussi d’un programme vacances-travail de l’Alliance du Pacifique.
Les autres nationalités
Sans accord particulier, il faut une résidence temporaire pour motifs professionnels, demandée avant l’arrivée avec une offre d’emploi. Cette procédure est rarement adaptée à un emploi de quelques semaines dans la cueillette ou le packing.
Salaire et conditions de travail
Le revenu minimum mensuel est de 553 553 pesos depuis le 1er mai 2026 pour les 18-65 ans (loi 21.830), avant une nouvelle revalorisation prévue en janvier 2027. La durée légale du travail est passée à 42 heures hebdomadaires en avril 2026, dans le cadre de la réforme des 40 heures.
| Élément | Règle ou montant | Précision |
|---|---|---|
| Revenu minimum mensuel | 553 553 CLP depuis mai 2026 | Vérifier la revalorisation suivante |
| Durée du travail | 42 heures par semaine depuis avril 2026 | 40 heures prévues en 2028 |
| Paie au rendement | Par caisse, plateau ou kilo | Jamais sous le minimum proportionnel |
| Logement | Obligatoire et hygiénique si retour impossible | Code du travail agricole |
| Documents | Passeport, visa ou résidence, RUT | Contrat écrit |
| Cotisations | Retraite AFP, santé, assurance chômage | Retenues sur la fiche de paie |
Les règles propres aux temporeros
Le Code du travail consacre un chapitre aux travailleurs agricoles de saison. Le contrat doit être écrit rapidement après l’embauche, et l’employeur doit fournir un logement hygiénique quand le travailleur ne peut rentrer chez lui, ainsi que des installations pour conserver et chauffer les repas.
Le travail en packing
Les packings fonctionnent souvent en deux équipes, de jour et de nuit, pendant le pic des cerises et du raisin. La paie peut être horaire ou à la caisse emballée. Le travail est debout, répétitif et se déroule dans des chambres froides ou des halls réfrigérés.
Transport et sous-traitance
De nombreux temporeros sont recrutés par des contratistas qui assurent le transport en bus depuis les villes. L’entreprise agricole reste solidairement responsable des salaires et des cotisations si le sous-traitant ne les paie pas, selon la loi sur la sous-traitance.
Comment trouver un emploi saisonnier ?
Les offres circulent sur la Bourse nationale de l’emploi, dans les bureaux municipaux d’intermédiation appelés OMIL, sur les sites des exportateurs et sur les réseaux sociaux locaux. Les packings affichent souvent leurs besoins à l’entrée des villes agricoles.
- Obtenir le droit de travailler : PVT, résidence Mercosur ou autre résidence.
- Demander le RUT dès l’arrivée et ouvrir un compte bancaire simple.
- S’inscrire à la Bourse nationale de l’emploi et à l’OMIL de la commune.
- Arriver dans la zone fruitière quelques jours avant le pic de récolte.
- Se présenter aux packings et aux exploitations avec ses papiers.
- Signer un contrat écrit indiquant salaire, horaires et mode de paie.
- Vérifier chaque fiche de paie et les cotisations déclarées.
Erreurs et arnaques fréquentes
Les abus touchent surtout les travailleurs non déclarés ou recrutés par des intermédiaires peu fiables. La Direction du travail reçoit les réclamations et peut contrôler les conditions de logement, de transport et de paiement dans les exploitations.
- Travailler avec un visa touristique, même quelques jours.
- Accepter une paie à la caisse sans connaître le tarif écrit.
- Monter dans un bus de contratista sans connaître l’employeur réel.
- Négliger la protection solaire et l’hydratation dans les vergers.
- Ne pas vérifier le versement des cotisations de retraite et de santé.
Un Français peut-il travailler en packing avec un PVT ?
Oui, le visa vacances-travail autorise les emplois temporaires, y compris en conditionnement de fruits. Il faut obtenir un RUT pour être payé. Les packings recrutent beaucoup de décembre à février et apprécient les candidats disponibles pour toute la saison.
Quelle est la meilleure période pour arriver ?
Pour les cerises, mi-novembre dans la région d’O’Higgins et du Maule. Pour les vendanges, février. Arriver une semaine avant le pic permet de se présenter aux packings et de trouver un logement avant l’afflux de saisonniers.
Faut-il parler espagnol ?
Oui, l’espagnol chilien, rapide et riche en expressions locales, est utilisé partout dans les récoltes. Quelques bases permettent de comprendre les consignes et les fiches de paie. Dans le tourisme de Patagonie, l’anglais et le français sont des atouts appréciés.
Comment se loger pendant la saison ?
Dans les communes agricoles, les chambres se louent vite en haute saison. Certaines exploitations proposent un hébergement collectif, obligatoire lorsque le retour quotidien est impossible. En Patagonie et dans les stations de ski, le logement du personnel est souvent inclus.
Où trouver ces emplois
- Bolsa Nacional de Empleo – Súmate al Agro — Espace agricole de la bourse nationale de l’emploi : offres de récolte, d’emballage et de chambres froides, formations SENCE et orientation OMIL.
- ChileAtiende – Bolsa Nacional de Empleo — Fiche officielle du portail des services publics : inscription gratuite à la BNE, recherche d’offres et candidature en ligne.
- SENCE – campagne agricole Súmate al Agro — Service national de formation et d’emploi : appel à candidatures pour des milliers de postes agricoles avant la récolte, via la BNE et les OMIL.
Références officielles et légales
- Direction du Travail – revenu minimum mensuel — Page officielle indiquant le revenu minimum mensuel en vigueur depuis le 1er mai 2026 selon l’âge du travailleur.
- SERMIG – résidence temporaire « travailleurs de saison » — Service national des migrations : conditions du permis saisonnier, demande depuis l’étranger, documents, limite de six mois par année civile.
- Ministère du Travail – revalorisation du salaire minimum — Page du ministère retraçant les hausses successives du revenu minimum mensuel et les lois qui les ont fixées.
- Loi 21.830 (Diario Oficial) — Texte de la loi publiée le 22 juin 2026 qui fixe le revenu minimum mensuel à 553 553 pesos.