Travail saisonnier en Argentine : vendanges, récoltes fruitières et tourisme
L’Argentine offre chaque année des milliers d’emplois saisonniers dans les vendanges de Mendoza et San Juan, la cueillette de fruits en Patagonie et au nord-ouest, et le tourisme d’été comme d’hiver, accessibles aux étrangers via le PVT ou la résidence Mercosur.

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À quoi ressemble la saison en Argentine ?
Le pays vit au rythme de l’hémisphère Sud : l’été va de décembre à mars, l’hiver de juin à septembre. Les grandes récoltes se succèdent du nord au sud, et la main-d’œuvre saisonnière, souvent appelée golondrina, se déplace d’une province à l’autre selon les cultures.
La vendimia, cœur de la saison agricole
Mendoza produit environ 70 % du vin argentin, devant San Juan, La Rioja, Salta et la Patagonie. Les vendanges s’étendent de février à avril selon les cépages et l’altitude, et la Fête nationale des vendanges anime Mendoza début mars.
- Mendoza : Luján de Cuyo, Maipú, vallée de l’Uco et San Rafael, de février à avril.
- San Juan : vallées de Tulum et Zonda, à partir de fin janvier.
- Salta : vignobles d’altitude de Cafayate, de février à avril.
- Neuquén et Río Negro : vendanges patagoniennes en mars et avril.
Les autres récoltes fruitières
L’Alto Valle du Río Negro et du Neuquén cueille poires et pommes de janvier à avril. Les cerises de Mendoza et de Patagonie se ramassent de novembre à janvier. Tucumán récolte les citrons d’avril à septembre, et les olives se cueillent d’avril à juillet.
- Cerises : Mendoza, Río Negro, Chubut et Santa Cruz, de novembre à janvier.
- Myrtilles : Tucumán, Entre Ríos et Buenos Aires, de septembre à décembre.
- Agrumes : Tucumán pour le citron, Entre Ríos et Corrientes pour oranges et mandarines.
- Yerba maté : Misiones, de mars à septembre.
Le tourisme saisonnier
L’hiver, les stations de Bariloche, Chapelco, Las Leñas et Ushuaia recrutent moniteurs, serveurs et réceptionnistes de juin à septembre. L’été, la côte atlantique de Mar del Plata à Pinamar, la Patagonie d’El Calafate et d’El Chaltén et les sierras de Córdoba embauchent massivement.
Qui peut travailler légalement en Argentine ?
Un touriste ne peut pas travailler, même pour une saison de vendanges. Les étrangers doivent obtenir une résidence ouvrant droit au travail, enregistrée par la Direction nationale des migrations, puis un numéro CUIL délivré par l’ANSES pour être déclarés.
Le programme vacances-travail
L’Argentine a signé des accords vacances-travail avec la France, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, la Pologne, le Portugal, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et la Corée du Sud. Le visa dure un an, avec une limite d’âge de 30 ou 35 ans selon l’accord.
La résidence Mercosur
Les ressortissants des pays du Mercosur et des États associés, comme la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay, peuvent demander une résidence temporaire de deux ans sur simple critère de nationalité, avec droit au travail.
Les autres nationalités
Hors PVT et Mercosur, l’accès est difficile : il faut une résidence de travailleur migrant fondée sur un contrat avec un employeur inscrit au registre migratoire. Ces démarches longues sont rarement engagées pour un simple emploi saisonnier de quelques semaines.
Salaires et conditions de travail
Le travail agricole relève du régime de la loi 26.727, qui prévoit le contrat de travail temporaire et le statut de travailleur permanent discontinu lorsqu’un salarié est réembauché saison après saison. Les rémunérations minimales sont fixées par la Commission nationale du travail agricole.
| Élément | Règle | À vérifier |
|---|---|---|
| Salaire minimum vital et mobile | Fixé par le Conseil du salaire, revalorisé par paliers | Montant en vigueur au mois du contrat |
| Rémunération agricole | Grilles de la Commission nationale du travail agricole | Par culture et par province |
| Paie à la tâche | Au panier, à la caisse ou au bin | Plancher journalier garanti |
| Durée du travail | 8 heures par jour, 44 heures par semaine | Heures supplémentaires majorées |
| Documents | Passeport, visa ou résidence, CUIL | Inscription au registre rural |
| Hôtellerie | Convention collective du secteur | Contrat de saison écrit |
La paie au rendement
En vendanges, la rémunération se calcule souvent au tacho, le seau de raisin échangé contre une fiche,, et en fruits au bin ou au panier. Les grilles officielles fixent un minimum, mais le revenu réel dépend de la vitesse, du rendement des parcelles et de la météo.
Inflation et salaire réel
Les salaires sont versés en pesos et les montants évoluent fréquemment. Un saisonnier étranger doit comparer le revenu proposé au coût local du logement et de la nourriture, plutôt qu’à un équivalent en euros, et vérifier la date de chaque revalorisation.
Logement et transport
Les grandes exploitations fournissent parfois un hébergement collectif et le transport vers les parcelles. Ailleurs, il faut louer une chambre en ville. La loi agricole impose à l’employeur un logement sain lorsqu’il héberge ses travailleurs temporaires sur place.
Comment trouver un emploi saisonnier ?
Le bouche-à-oreille reste décisif, mais les canaux officiels progressent. Les bureaux municipaux de l’emploi, les bodegas et les entreprises d’emballage de fruits recrutent avant chaque récolte, souvent via les réseaux sociaux locaux et des annonces affichées en ville.
- Vérifier son droit au travail : PVT, résidence Mercosur ou autre résidence.
- Arriver dans la région quelques semaines avant le début de la récolte.
- Obtenir son CUIL auprès de l’ANSES dès l’arrivée.
- S’inscrire auprès du bureau municipal de l’emploi et sur le portail public d’offres.
- Démarcher directement bodegas, fincas et galpones d’emballage.
- Exiger un contrat écrit et une inscription en tant que salarié déclaré.
- Conserver les fiches de paie et relevés de production.
Erreurs fréquentes et abus
Le travail non déclaré reste répandu dans certaines récoltes, avec des intermédiaires appelés cuadrilleros ou contratistas. Accepter un emploi au noir prive de couverture en cas d’accident et peut compromettre le statut migratoire d’un étranger.
- Travailler avec un visa touristique, même pour quelques jours.
- Accepter un emploi sans contrat ni déclaration, dit en negro.
- Laisser un intermédiaire garder ses papiers d’identité.
- Accepter un logement insalubre dans un hangar agricole.
- Oublier de demander le CUIL, indispensable pour être payé légalement.
Le PVT Argentine permet-il de travailler partout ?
Oui, le visa vacances-travail autorise les emplois temporaires dans tout le pays, dans les limites prévues par l’accord. Il vise d’abord le voyage, et le travail sert à financer le séjour. Il ne peut généralement être obtenu qu’une seule fois.
Quand arriver pour les vendanges à Mendoza ?
Idéalement fin janvier ou début février, pour se faire connaître avant le pic de mars. Les bodegas de la vallée de l’Uco vendangent souvent plus tard que celles de Maipú. Le recrutement se fait parfois au jour le jour.
Faut-il parler espagnol pour travailler ?
Oui, un espagnol de base est presque indispensable dans les récoltes, où les consignes se donnent oralement. Dans le tourisme, l’anglais et le français sont des atouts, notamment à Bariloche, Mendoza ou El Calafate, mais l’espagnol reste exigé au quotidien.
Peut-on enchaîner plusieurs récoltes ?
Oui, c’est la logique des saisonniers argentins : cerises en décembre, vendanges en mars, pommes jusqu’en avril, puis olives ou citrons pendant l’hiver austral. Un planning réaliste suppose de se déplacer entre provinces éloignées et de prévoir un budget de transport.
Les saisonniers sont-ils couverts en cas d’accident ?
Un salarié déclaré bénéficie de l’assurance accidents du travail souscrite par l’employeur et des cotisations de sécurité sociale. Les titulaires du PVT doivent en plus disposer de l’assurance santé exigée par l’accord pour toute la durée du séjour.
Où trouver ces emplois
- RENATRE – Programa de Empleo Rural — Programme du registre national des travailleurs ruraux qui met en relation exploitations agricoles et ouvriers ruraux, dont les saisonniers des récoltes.
- Red de Oficinas de Empleo — Réseau national des bureaux municipaux pour l'emploi (Secretaría de Trabajo) : intermédiation, orientation et accès à la plateforme d'emploi.
- Argentina.gob.ar – Trabajador en búsqueda — Page officielle pour demandeurs d'emploi : programmes (Fomentar Empleo, Intercosecha), agences territoriales et bureaux pour l'emploi.
Références officielles et légales
- Dirección Nacional de Migraciones – résidence de travailleur migrant — Procédure officielle de résidence temporaire pour un étranger embauché sous contrat de travail en Argentine (loi 25.871, plateforme RaDEX).
- Conseil du salaire minimum, vital et mobile — Page officielle du Consejo del Salario : montants en vigueur du salaire minimum national et calendrier des hausses fixé pour 2026.
- RENATRE – Libreta de Trabajo Rural — Livret obligatoire du travailleur rural : enregistrement des emplois agricoles, y compris temporaires, et accès aux prestations du RENATRE.
- Protection sociale des travailleurs ruraux — Ministère du Capital humain : droits des saisonniers agricoles déclarés, allocations familiales, assurance chômage, couverture santé et accidents du travail.