Emploi saisonnier ouvrier maraîcher : récolter des légumes en France
L’emploi saisonnier d’ouvrier maraîcher consiste à planter, entretenir, récolter et conditionner des légumes en plein champ ou sous serre dans une exploitation agricole, au rythme des cultures, le plus souvent sous contrat saisonnier agricole rémunéré au minimum au Smic.

Le travail concret d’un ouvrier maraîcher
L’ouvrier maraîcher réalise les plantations, le désherbage manuel, la pose de voiles et de paillages, puis la récolte de légumes comme les salades, tomates, courgettes, carottes, poireaux ou asperges. Il trie, lave, calibre et conditionne ensuite les produits en caisses ou barquettes.
Le travail se déroule en plein champ, souvent penché ou à genoux, ou sous serre, où la chaleur peut être forte en été. Certaines exploitations utilisent des machines de récolte ou des chariots, mais la cueillette de nombreux légumes reste manuelle et exige endurance et régularité.
Les bassins maraîchers et leurs cultures
La Bretagne produit choux-fleurs, artichauts et tomates sous serre. La région nantaise est spécialisée dans la mâche, les radis et les poireaux primeurs. Les Landes et l’Aquitaine récoltent asperges et carottes, la Provence melons et salades, et les Hauts-de-France endives et pommes de terre.
Quels mois pour quelles récoltes ?
L’asperge se récolte de mars à juin, les fraises et salades au printemps, les tomates, courgettes et melons de juin à septembre. Les choux, poireaux et carottes occupent l’automne et l’hiver, et l’endive se force en salle de novembre à avril, offrant des contrats hors période estivale.
Le rythme d’une journée de récolte
En été, la journée commence tôt, parfois dès 6 heures, pour éviter la chaleur de l’après-midi. Elle compte généralement sept à huit heures de travail, avec pauses. Le conditionnement en station se fait souvent l’après-midi, à l’abri, après la cueillette du matin.
Qui peut être embauché comme ouvrier maraîcher ?
Aucun diplôme n’est requis. Les exploitations recherchent des personnes ponctuelles, résistantes physiquement et capables de travailler dehors par tous les temps. Les étudiants, retraités, demandeurs d’emploi et saisonniers itinérants sont nombreux, et France Travail souligne l’ouverture du secteur aux plus de 50 ans.
Âge minimum et emploi des jeunes
Les mineurs peuvent travailler dès 16 ans, et dès 14 ans pendant les vacances scolaires dans des conditions strictes, avec autorisation parentale, horaires réduits et travaux légers. L’usage de certaines machines agricoles et de produits phytosanitaires leur est interdit.
Travailleurs européens et non européens
Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de Suisse sont embauchés sans démarche. Les ressortissants de pays tiers ont besoin d’une autorisation de travail demandée par l’employeur, souvent pour une carte pluriannuelle de travailleur saisonnier valable trois ans, limitée à six mois de travail par an.
Le maraîchage saisonnier ailleurs
Les récoltes de légumes recrutent aussi en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. Hors d’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande accordent des avantages de prolongation du visa vacances-travail aux jeunes qui travaillent dans l’agriculture régionale.
Salaire, horaires et conditions de travail
Le salaire de base correspond généralement au Smic, soit 12,31 euros brut de l’heure depuis le 1er juin 2026, ou au premier niveau de la convention collective nationale de la production agricole si celui-ci est supérieur. Les heures au-delà de 35 heures sont majorées.
Contrat saisonnier et TESA
De nombreux exploitants utilisent le titre emploi simplifié agricole de la MSA, qui vaut contrat de travail et déclaration d’embauche. Le contrat saisonnier n’ouvre pas droit à la prime de précarité, mais l’indemnité de congés payés de 10 % est due en fin de contrat.
Logement et aide de 600 euros
Certaines exploitations proposent un hébergement, un emplacement de camping ou un mobil-home. Les saisonniers agricoles en contrat de moins de huit mois peuvent demander à Action Logement une aide de 150 euros par mois, dans la limite de quatre mois et 600 euros par an.
Tableau des montants et pièces utiles
Ce tableau résume les principaux repères financiers et administratifs à connaître avant une saison de récolte, de la rémunération minimale aux aides au logement et aux équipements de protection fournis.
| Élément | Repère | Remarque |
|---|---|---|
| Salaire horaire minimal | 12,31 € brut (juin 2026) | Grille conventionnelle si supérieure |
| Aide au logement | 150 € par mois, 600 € par an | Contrat agricole de moins de 8 mois |
| Congés payés | 10 % du brut | Versés en fin de contrat |
| Équipement | Gants, bottes, vêtements de pluie | Protections fournies par l’employeur |
| Documents | Pièce d’identité, sécurité sociale, RIB | Autorisation de travail hors UE |
Les étapes pour trouver un emploi en maraîchage
Le maraîchage recrute toute l’année selon les cultures. En ciblant la bonne région au bon moment et en contactant directement les exploitations, il est possible de trouver une place rapidement, même sans expérience.
- Choisir la région et la culture visées en fonction du calendrier des récoltes.
- Consulter les livrets et offres de l’Anefa et les annonces agricoles de France Travail.
- Contacter directement les exploitations, groupements et coopératives de la zone.
- Vérifier l’hébergement proposé ou réserver un logement à proximité.
- Signer le contrat ou le TESA indiquant durée, horaires et salaire.
- Prévoir tenue adaptée, protection solaire et moyen de transport vers les parcelles.
- Demander l’aide au logement Action Logement dans les six mois suivant le début.
Erreurs et abus à éviter
Le travail agricole saisonnier reste exposé à des pratiques illégales, notamment via certains intermédiaires. Ces précautions protègent contre les situations d’exploitation signalées chaque année par les services de contrôle.
- Accepter une rémunération au rendement inférieure au Smic horaire.
- Passer par un intermédiaire qui retient passeport ou papiers d’identité.
- Payer des frais de recrutement ou de transport à un prétendu agent.
- Travailler sans contrat ni déclaration, sans couverture en cas d’accident.
- Sous-estimer les risques de chaleur sous serre sans pauses ni eau.
Faut-il de l’expérience pour récolter des légumes ?
Non. Les gestes de récolte s’apprennent en quelques jours, avec l’aide d’un chef d’équipe. L’endurance physique et la régularité sont plus importantes que l’expérience. Les ouvriers qui reviennent d’une saison à l’autre évoluent souvent vers des postes de conduite d’engins ou de chef d’équipe.
La paie au rendement est-elle légale ?
Une prime liée au rendement est possible, mais le salarié doit toujours percevoir au moins le salaire minimum pour les heures effectuées. Un paiement uniquement à la caisse ou au kilo, inférieur au Smic horaire, est illégal.
Peut-on enchaîner plusieurs récoltes dans l’année ?
Oui. Un parcours fréquent combine asperges au printemps, légumes d’été, vendanges en septembre puis endives ou poireaux en hiver. Ce cumul permet de travailler presque toute l’année et d’ouvrir des droits à l’assurance chômage entre deux contrats.
Un saisonnier agricole a-t-il droit à la mutuelle ?
Le salarié agricole relève de la MSA pour sa protection sociale. L’employeur doit proposer la complémentaire santé collective, mais un saisonnier en contrat court peut, dans certains cas, demander une dispense d’adhésion s’il est déjà couvert ailleurs.
Où trouver ces emplois
- Livret des emplois saisonniers agricoles – Pleinchamp — Livret de l’Anefa recensant plus de 3 000 postes saisonniers en exploitations, avec période, salaire et hébergement.
- France Travail – l’aventure de l’emploi saisonnier — Panorama officiel des métiers saisonniers par secteur, du littoral à l’agriculture, avec les aides au logement disponibles.
- EURES – espace demandeurs d’emploi — Portail européen de mobilité : offres de 31 pays, conseillers EURES et aides à la mobilité pour travailler ailleurs en Europe.
Références officielles et légales
- Aide logement saisonniers agricoles – Pleinchamp — Aide Action Logement relayée par l’Anefa : 150 euros par mois, jusqu’à 600 euros par an pour les saisonniers agricoles.
- Embauche d’un travailleur saisonnier – economie.gouv.fr — Règles du CDD saisonnier : écrit, clause de reconduction, congés payés, absence de prime de précarité, emploi des mineurs.
- Smic 2026 – Service-Public.gouv.fr — Montant officiel du salaire minimum horaire et mensuel brut en France, mis à jour par arrêté en 2026.