Travail saisonnier dans la pêche maritime : embarquer, trier, conditionner
Le travail saisonnier dans la pêche maritime regroupe les emplois temporaires à bord des navires de pêche et, surtout, à terre : criées, mareyage, conserveries de poisson et exploitations ostréicoles ou mytilicoles, dont l’activité suit le calendrier des espèces et des fêtes.

Les emplois saisonniers de la filière pêche
À bord, le matelot participe à la mise à l’eau et à la remontée des engins, au tri, au lavage et au stockage du poisson sous glace, ainsi qu’à l’entretien du navire. À terre, les postes sont plus nombreux et accessibles sans formation maritime.
Les mareyeurs recrutent des fileteurs, préparateurs et agents de conditionnement. Les criées emploient des agents de manutention et de pesée. Les conserveries de sardines, maquereaux et thon embauchent des opérateurs, et les exploitations conchylicoles recherchent des ouvriers pour le tri et l’emballage des huîtres et moules.
Saisons et ports de pêche
La coquille Saint-Jacques se pêche d’octobre à mai en Manche, en baie de Saint-Brieuc et en Normandie. La sardine et l’anchois occupent le golfe de Gascogne du printemps à l’automne. L’ostréiculture culmine en novembre et décembre à Marennes-Oléron, Arcachon et en Bretagne.
La vie à bord d’un navire de pêche
Les marées vont de quelques heures pour la petite pêche à plusieurs jours pour la pêche au large. Le travail se fait par tous les temps, debout, sur un pont mouillé et en mouvement, avec des horaires dictés par la marée et la position du poisson.
Formations maritimes obligatoires pour embarquer
Embarquer comme marin professionnel exige une formation de base à la sécurité, un titre de formation professionnelle maritime correspondant au poste et une aptitude médicale délivrée par le service de santé des gens de mer. Les lycées professionnels maritimes et organismes agréés préparent ces titres.
Qui peut travailler dans la pêche en saison ?
Les emplois à terre s’adressent à tous : étudiants, demandeurs d’emploi, salariés d’autres secteurs. L’embarquement est réservé aux personnes formées, souvent issues de familles de marins ou de reconversions préparées. Les patrons recrutent volontiers par recommandation dans les ports.
Ressortissants européens
Les Européens peuvent travailler librement à terre comme en mer. Pour embarquer sous pavillon français, leurs titres maritimes doivent être reconnus ou visés par l’administration maritime française. Les marins sont affiliés à un régime de protection sociale spécifique aux gens de mer.
Travailleurs non européens
Un ressortissant de pays tiers doit disposer d’un droit au travail. L’employeur peut demander une autorisation de travail, et le salarié obtenir une carte « travailleur saisonnier » pour travailler jusqu’à six mois par an, par exemple en mareyage ou en conserverie.
À bord, la reconnaissance des titres maritimes étrangers s’ajoute à l’autorisation de travail. Les titulaires d’un visa vacances-travail ou les étudiants étrangers s’orientent plutôt vers les postes à terre, plus simples d’accès et proposés en nombre pendant les campagnes.
Les mineurs et la pêche
Les jeunes peuvent embarquer dans le cadre d’une formation maritime, sous des règles protectrices. Pour un job saisonnier à terre, un jeune de 16 ou 17 ans peut travailler avec l’accord parental, hors travaux dangereux, ce qui exclut certaines machines de découpe.
Rémunération à la part, salaires et conditions
À terre, le salaire suit le Smic, soit 12,31 euros brut de l’heure depuis le 1er juin 2026, ou la grille conventionnelle. À bord, la pêche artisanale pratique souvent la rémunération à la part, calculée sur la valeur des ventes après déduction des frais communs.
| Poste | Mode de rémunération | Point clé |
|---|---|---|
| Matelot en pêche artisanale | Part sur la vente, avec salaire minimum garanti | Variable selon les captures et le marché |
| Agent de criée ou de marée | Salaire horaire | Au moins 12,31 € brut depuis le 1er juin 2026 |
| Opérateur de conserverie | Salaire horaire et primes d’équipe | Travail posté, froid et humidité |
| Ouvrier ostréicole | Salaire horaire, heures supplémentaires en décembre | Régime agricole |
| Équipements | Cirés, bottes, gants | Fournis par l’employeur |
| Documents marin | Aptitude médicale, titres de formation | Obligatoires avant l’embarquement |
La rémunération à la part rend le revenu du marin très variable d’une marée à l’autre. Un salaire minimum garanti protège néanmoins le matelot lors des mauvaises périodes. Le contrat d’engagement maritime doit préciser la part attribuée, les frais déduits et le minimum assuré.
Horaires et repos en mer
Le temps de travail des marins obéit au Code des transports, qui fixe des durées maximales et des repos minimaux adaptés à la navigation. À terre, les conserveries et mareyeurs commencent très tôt, souvent dans la nuit, pour traiter le poisson débarqué.
Le logement près des ports
Les ports de pêche sont aussi des lieux touristiques, où les loyers grimpent en saison. Les exploitations ostréicoles logent parfois leurs saisonniers. Les ouvriers conchylicoles, relevant du régime agricole, peuvent solliciter l’aide d’Action Logement destinée aux saisonniers agricoles.
Santé et sécurité dans la filière
La pêche est l’un des métiers les plus accidentogènes : chutes à la mer, coupures, écrasements. Le port du gilet de sauvetage, la formation à la sécurité et le suivi médical sont essentiels. À terre, le travail au froid et les gestes répétitifs exposent aux troubles musculo-squelettiques.
Comment trouver un emploi saisonnier dans la pêche ?
Les postes à terre se trouvent sur les plateformes d’emploi et auprès des entreprises des zones portuaires. L’embarquement passe surtout par le réseau : se présenter aux patrons sur les quais, aux comités des pêches et aux organismes de formation maritime reste incontournable.
- Choisir entre un emploi à terre, accessible rapidement, et un embarquement, qui exige une formation.
- Pour embarquer, suivre la formation de base à la sécurité et obtenir l’aptitude médicale des gens de mer.
- Consulter les offres de France Travail et de l’Apecita avec les mots-clés « mareyage », « marin pêcheur » et « ostréiculture ».
- Se présenter dans les criées, chez les mareyeurs et sur les quais aux heures de débarque.
- Contacter les entreprises ostréicoles dès septembre pour la saison de fin d’année.
- Vérifier le contrat : mode de rémunération, part, minimum garanti, horaires et équipements.
Pièges et erreurs à éviter
La pêche fonctionne souvent sur la confiance et le bouche-à-oreille, ce qui n’exclut pas les abus. Le contrat écrit et la vérification des titres protègent autant le saisonnier que l’armateur, notamment en cas d’accident en mer.
- Embarquer sans titres de formation ni aptitude médicale, au risque de n’être couvert par aucune assurance.
- Accepter une part sans connaître les frais déduits ni le minimum garanti.
- Travailler sans gilet de sauvetage ni formation à la sécurité.
- Payer un intermédiaire pour obtenir un embarquement.
- Sous-estimer le mal de mer et la pénibilité avant une première marée.
La pêche et la transformation à l’étranger
La Norvège recrute des saisonniers dans la transformation du cabillaud aux Lofoten de janvier à avril, ainsi que dans l’aquaculture. L’Islande, l’Écosse et l’Irlande offrent aussi des postes en usines de poisson. Le portail EURES diffuse des offres de ces pays.
Peut-on embarquer sans expérience ?
Oui, à condition d’avoir obtenu les formations et l’aptitude médicale obligatoires. Les patrons acceptent des débutants motivés, souvent pour des marées courtes au départ. La première saison sert d’apprentissage, avec une part parfois réduite en conséquence.
Combien gagne un matelot saisonnier ?
Le revenu dépend du type de pêche, des captures et des prix en criée. Il peut varier fortement d’un mois à l’autre. Un minimum garanti s’applique, mais les montants réels ne peuvent être connus qu’en interrogeant les armements et en lisant attentivement le contrat.
L’ostréiculture relève-t-elle de la pêche ?
Non, la conchyliculture est une activité d’élevage rattachée au régime agricole. Les saisonniers y travaillent à terre et sur l’estran, pour le tri, le calibrage et l’emballage. Le pic de décembre exige de nombreux renforts, souvent sur des semaines de plus de 35 heures.
Faut-il savoir nager pour travailler sur un bateau ?
C’est fortement recommandé et souvent vérifié lors des formations à la sécurité. Le port d’un équipement individuel de flottaison reste obligatoire sur le pont. Les postes à terre, en criée ou en conserverie, n’exigent aucune compétence aquatique.
Où trouver ces emplois
- France Travail – recherche d’offres — Accès officiel au moteur d’offres de France Travail : emplois saisonniers filtrables par métier, lieu et contrat, candidature en ligne.
- Apecita – agriculture et agroalimentaire — Accès aux offres de l’Apecita, association spécialisée dans l’emploi agricole, agroalimentaire et environnemental, techniciens et encadrement compris.
- EURES – emplois en Europe — Accès au portail EURES de la Commission européenne, qui regroupe les offres des services publics de l’emploi des pays européens.
Références officielles et légales
- Smic : montant en vigueur (Service-Public) — Fiche officielle donnant le salaire minimum horaire et mensuel brut en France, revalorisé par l’arrêté du 22 mai 2026.
- Suivi médical des salariés saisonniers — Fiche Service-Public sur la médecine du travail des saisonniers, avec le seuil de 45 jours de travail effectif.
- Carte de séjour « travailleur saisonnier » — Conditions de la carte pluriannuelle réservée aux saisonniers non européens : trois ans maximum, six mois de travail par an.
- Autorisation de travail d’un salarié étranger — Fiche officielle sur l’autorisation de travail que l’employeur doit obtenir avant l’embauche d’un ressortissant non européen.