Emploi saisonnier maraîchage au Canada : récolte de légumes en champ et en serre
Le maraîchage au Canada regroupe les emplois saisonniers de plantation, désherbage et récolte de légumes de plein champ et de serre, d'avril à novembre, principalement en Montérégie, dans le Holland Marsh, à Leamington et dans la vallée du Fraser.

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Que fait un ouvrier maraîcher au Canada ?
Le saisonnier repique les plants au printemps, désherbe, installe l'irrigation, puis récolte laitues, brocolis, choux, carottes, oignons, céleris, courges ou maïs sucré. Il coupe, trie, met en caisse et charge les remorques, souvent derrière une machine de récolte qui impose le rythme.
Dans les serres, le travail est plus régulier : taille et palissage des plants de tomates, concombres et poivrons, cueillette quotidienne et emballage. Les grands complexes serricoles fonctionnent presque toute l'année, ce qui permet parfois des contrats de dix mois plutôt qu'une simple saison estivale.
Grandes régions maraîchères
Le Québec cultive les terres noires de Montérégie, autour de Sherrington et Napierville, pour laitues, oignons et carottes. L'Ontario possède le Holland Marsh, au nord de Toronto, et le pôle serricole de Leamington. La Colombie-Britannique produit dans la vallée du Fraser.
Calendrier type d'une saison
Les semis et la plantation commencent en avril-mai, le désherbage domine en juin, les récoltes de légumes-feuilles s'étalent de juin à octobre, les carottes, oignons et courges se ramassent d'août à novembre. Les pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard se récoltent en septembre-octobre.
Un secteur dépendant de la main-d'œuvre étrangère
Les grandes fermes maraîchères québécoises et ontariennes emploient chaque année de nombreux travailleurs mexicains et guatémaltèques. Les offres affichées sur le Guichet-Emplois pour les manœuvres à la récolte couvrent à la fois fruits et légumes, sous le code professionnel 85101.
Conditions d'accès pour les candidats étrangers
Sans citoyenneté canadienne ni résidence permanente, un permis de travail est indispensable. Le permis ouvert d'Expérience internationale Canada permet de travailler en maraîchage sans offre préalable ; les Français y ont accès de 18 à 35 ans, jusqu'à 24 mois.
Le permis ouvert offre un atout réel : passer d'une ferme de laitues en juin à une récolte de courges en octobre, ou combiner maraîchage et cueillette de pommes. Il faut toutefois être sélectionné dans les bassins EIC, dont l'ouverture et les tirages varient selon les pays.
PTAS et volet agricole : deux filières distinctes
Le PTAS ne concerne que le Mexique et les pays caribéens participants, avec des contrats de huit mois maximum entre janvier et le 15 décembre. Le volet agricole du PTET accepte toutes les nationalités, pour des productions inscrites sur la liste nationale des produits agricoles.
Ce que l'employeur doit garantir
Le salaire doit égaler celui des travailleurs canadiens du même poste, sans descendre sous le minimum provincial ou le taux des tableaux de salaires agricoles. L'employeur paie toutes les heures, souscrit une assurance accidents du travail et ne peut garder le passeport du travailleur.
Spécificités du Québec
Les employeurs québécois utilisent un tableau de salaires publié par le ministère de l'Immigration du Québec. En outre, la plupart des permis fermés exigent un certificat d'acceptation du Québec, dont sont dispensés les participants d'Expérience internationale Canada, ce qui simplifie les démarches.
Rémunération, horaires et logement
Le maraîchage se paie surtout à l'heure. Au Québec, le minimum est de 16,60 $ CA depuis le 1er mai 2026, en Ontario de 17,95 $ depuis le 1er octobre 2026 et en Colombie-Britannique de 18,25 $ depuis le 1er juin 2026.
| Poste de dépense ou de revenu | Ordre de grandeur | Commentaire |
|---|---|---|
| Salaire minimum Québec | 16,60 $ CA/h | Mai 2026 |
| Salaire minimum Ontario | 17,95 $ CA/h | Octobre 2026 |
| Semaine de récolte | 45 à 60 heures | Selon météo et commandes |
| Logement à la ferme | Gratuit à modéré | Gratuit dans le PTAS, à préciser sinon |
| Documents | Passeport, permis, NAS | NAS avant la première paie |
| Équipement | Bottes de pluie, gants, couteau | Couteau parfois fourni |
Marche à suivre pour décrocher un poste
- Vérifier son admissibilité au PVT ou à un permis fermé agricole.
- Cibler une région : Montérégie, Holland Marsh, Leamington ou Fraser.
- Rechercher les offres de manœuvres à la récolte sur le Guichet-Emplois.
- Écrire directement aux fermes maraîchères et serres de la région ciblée.
- Exiger un contrat précisant taux horaire, heures et hébergement.
- Organiser le transport, les fermes étant éloignées des villes.
- Obtenir son numéro d'assurance sociale et ouvrir un compte bancaire canadien.
Pièges et erreurs courantes
- Accepter une promesse d'embauche contre paiement d'un dossier d'EIMT.
- Sous-estimer le travail courbé sur les terres noires sous la pluie.
- Arriver en août quand la plupart des équipes sont déjà formées.
- Travailler sans fiche de paie détaillant heures et retenues.
- Confondre un permis fermé de serre avec un droit de travailler ailleurs.
En cas d'abus, les travailleurs sous permis fermé peuvent demander un permis de travail ouvert pour travailleurs vulnérables auprès d'IRCC, et tout salarié peut porter plainte auprès des normes du travail de sa province sans crainte de représailles légales.
Travail en serre ou en plein champ ?
La serre offre un horaire stable, un abri contre la météo et une saison longue, mais une chaleur et une humidité élevées. Le plein champ offre des semaines plus irrégulières, dépendantes de la pluie, avec des pics d'heures supplémentaires en fin de saison.
Foire aux questions sur le maraîchage canadien
Les réponses suivantes résument les points pratiques qui reviennent le plus chez les candidats francophones ; les montants cités correspondent aux taux provinciaux en vigueur à l'automne 2026 et changent généralement chaque année.
Faut-il une expérience agricole préalable ?
Non pour la plupart des postes de récolte et de désherbage. Les employeurs valorisent surtout l'endurance, la ponctualité et la disponibilité sur toute la saison. Un permis de conduire ou une expérience de tracteur permet d'accéder à des postes mieux payés.
Peut-on travailler en serre l'hiver ?
Oui. Les serres de Leamington et du Québec produisent tomates, concombres et poivrons presque toute l'année, et recrutent aussi pour l'emballage. Le permis ouvert d'Expérience internationale Canada permet d'y enchaîner après une saison estivale en plein champ.
Les heures supplémentaires sont-elles majorées ?
Pas toujours. Plusieurs provinces exemptent les travailleurs agricoles des majorations habituelles d'heures supplémentaires. Il faut donc lire attentivement le contrat et la réglementation provinciale avant de calculer son revenu sur la base de semaines de 60 heures.
Comment se loger près des fermes ?
Les fermes qui emploient des travailleurs du PTAS fournissent un logement collectif inspecté. Les titulaires d'un PVT doivent souvent trouver une chambre dans un village voisin ; Saint-Rémi, Bradford ou Leamington offrent peu de locations, mieux vaut réserver avant d'arriver.
Où trouver ces emplois
- Guichet-Emplois – manœuvres à la récolte — Annonces fédérales de manœuvres à la récolte (CNP 85101), fruits et légumes, classées par province.
- Programme des travailleurs agricoles saisonniers — Programme fédéral qui alimente les fermes maraîchères en travailleurs mexicains et caribéens chaque saison.
- Expérience internationale Canada — Inscription aux bassins EIC pour obtenir un permis ouvert et travailler dans plusieurs fermes successives.
Références officielles et légales
- Volets agricoles du PTET (EDSC) — Différences entre le PTAS et le volet agricole, pays admissibles et liste nationale des produits agricoles.
- CNESST – Salaire minimum — Taux horaire général québécois en vigueur depuis le 1er mai 2026 et règles de rémunération.
- PTAS – Salaires et conditions de travail — Obligations salariales des employeurs agricoles, assurance accidents du travail et protection des documents d'identité.