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Travail saisonnier en floriculture et pépinière : saisons, missions et droits

Le travail saisonnier en floriculture et pépinière consiste à produire, entretenir et expédier fleurs, plantes en pot, arbustes et jeunes arbres chez des horticulteurs et pépiniéristes, surtout au printemps, à l’approche de la Toussaint et avant Noël pour les sapins.

Travail saisonnier en floriculture et pépinière : saisons, missions et droits

Ce que font les saisonniers de l’horticulture et des pépinières

Les missions portent sur le rempotage, le bouturage, le repiquage, l’arrosage, la taille, le désherbage manuel, l’étiquetage et la préparation des commandes. Le saisonnier charge aussi les chariots destinés aux jardineries et aux grandes surfaces, souvent dans des délais très courts.

Le travail se déroule sous serre, sous tunnel ou en plein champ pour les pépinières d’arbres et d’arbustes. Les cadences sont soutenues au printemps, lorsque les jardineries reçoivent l’essentiel de leurs plantes à massif, puis à l’automne, lors des expéditions de végétaux à racines nues.

Les régions et le calendrier de production

Le Maine-et-Loire, autour d’Angers, constitue le premier bassin français de pépinières, suivi du Loiret, de la Bretagne et des Pays de la Loire. Le Var, autour d’Hyères, cultive des fleurs coupées. Le Morvan produit une grande partie des sapins de Noël français.

Les besoins culminent de février à juin pour les plantes fleuries, puis en septembre et octobre pour les chrysanthèmes de la Toussaint. Les expéditions de pépinière se concentrent de novembre à mars, et la coupe des sapins mobilise des équipes de mi-novembre à mi-décembre.

Une journée en serre ou en pépinière

La journée commence tôt, surtout en été pour éviter la chaleur sous les serres. Le saisonnier alterne gestes répétitifs à la table de rempotage, port de pots et de conteneurs, et préparation de commandes à partir de bons de livraison, parfois sur terminal portable.

Formations et compétences appréciées

Aucun diplôme n’est exigé pour la plupart des postes. Un CAPa jardinier paysagiste ou un bac professionnel production horticole constitue un atout, de même que la connaissance des noms de plantes. Le certificat individuel Certiphyto est requis pour manipuler des produits phytopharmaceutiques.

Qui peut travailler dans une exploitation horticole ?

Les horticulteurs embauchent étudiants, demandeurs d’emploi, retraités et saisonniers agricoles qui enchaînent cueillettes et vendanges. Les exploitations familiales préfèrent souvent des salariés qui reviennent chaque année, gage de connaissance des plantes et des procédures de l’entreprise.

Ressortissants européens

Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse peuvent travailler sans autorisation préalable. Ils sont affiliés à la Mutualité sociale agricole comme tous les salariés agricoles et bénéficient de la même rémunération minimale que les salariés français.

Candidats non européens

L’employeur d’un ressortissant de pays tiers doit obtenir une autorisation de travail avant son arrivée. Le salarié peut ensuite obtenir la carte de séjour « travailleur saisonnier », valable trois ans au plus, qui limite le travail à six mois par an.

Les titulaires d’un visa vacances-travail et les étudiants étrangers, dans la limite annuelle fixée par leur titre de séjour, peuvent aussi travailler en horticulture. Les exploitations qui recrutent à l’étranger doivent prévoir les délais administratifs, souvent de plusieurs semaines.

Mineurs : les règles du secteur agricole

À 14 et 15 ans, un jeune peut travailler en agriculture pendant des vacances d’au moins sept jours, avec l’accord de l’inspection du travail, en gardant un repos égal à la moitié des vacances. La durée est plafonnée à 32 heures par semaine à 14 ans.

Salaire, convention collective et conditions de travail

Le salaire minimum est le Smic, soit 12,31 euros brut de l’heure depuis le 1er juin 2026. La convention collective nationale de la production agricole et des CUMA fixe une grille de classification qui peut prévoir davantage selon l’expérience.

ÉlémentRègle ou montantCommentaire
Salaire horaire minimum12,31 € brut (Smic, juin 2026)Base la plus fréquente pour un premier contrat
Congés payés10 % du brut en fin de contratVersés avec le solde de tout compte
Aide au loyer agricole150 € par mois, 4 mois maximumPlafond de 600 € par an, Action Logement
Gants et équipementsFournis par l’employeurObligatoires pour taille et produits
Pièces à fournirIdentité, sécurité sociale, RIBTitre de travail pour les non-Européens

En jardinerie, les vendeurs saisonniers relèvent d’une autre convention, celle des jardineries et graineteries. La distinction compte pour les primes, les majorations et le travail du dimanche, très fréquent en jardinerie au printemps mais plus rare en production.

Horaires et pénibilité

La durée légale de 35 heures peut être modulée en agriculture, avec des semaines plus longues au printemps compensées en période creuse. La chaleur sous serre, le port de charges et les gestes répétitifs imposent des pauses régulières et une organisation adaptée par l’employeur.

Se loger près d’une pépinière

Les exploitations rurales disposent parfois de logements saisonniers ou de mobil-homes. Sinon, Action Logement verse aux saisonniers agricoles une aide de 150 euros par mois pendant quatre mois au plus, à demander dans les six mois suivant le début du contrat.

Suivi médical du saisonnier agricole

Pour un contrat d’au moins 45 jours de travail effectif, le saisonnier agricole bénéficie d’une visite d’information et de prévention, sauf poste à risques particuliers nécessitant un examen d’aptitude. En dessous, des actions de prévention collectives sont organisées par le service de santé au travail.

Les étapes pour trouver une saison en horticulture

Les horticulteurs recrutent souvent tard, quelques semaines avant le pic, mais fidélisent leurs équipes. Une candidature spontanée en janvier pour le printemps, ou en août pour la Toussaint, a de bonnes chances d’aboutir si elle mentionne des dates précises.

  1. Choisir la période : printemps, Toussaint, expéditions d’hiver ou sapins de Noël.
  2. Identifier les bassins de production proches et les principales exploitations.
  3. Consulter les offres de France Travail et de l’Apecita avec les mots-clés « horticulture », « pépinière » et « rempotage ».
  4. Envoyer une candidature spontanée courte, avec dates de disponibilité et permis éventuel.
  5. Prévoir chaussures de sécurité, vêtements de pluie et protection solaire.
  6. Vérifier le contrat : motif saisonnier, durée, salaire, convention collective agricole.
  7. Demander l’aide au loyer d’Action Logement dans les six mois suivant l’embauche.

Erreurs et pièges à éviter

Les exploitations horticoles sont majoritairement familiales et sérieuses, mais l’éloignement géographique et l’urgence des commandes favorisent parfois des situations irrégulières. Ces réflexes évitent les principales difficultés rencontrées par les saisonniers.

Floriculture et pépinières à l’étranger

Les Pays-Bas offrent de nombreux postes dans les serres du Westland et les champs de bulbes autour de Lisse, avec un pic au printemps puis en été pour le traitement des bulbes. La Belgique, le Danemark et l’Allemagne recrutent aussi, souvent via des agences locales.

Peut-on travailler en pépinière sans permis de conduire ?

Oui, la majorité des postes de rempotage et de préparation de commandes ne requièrent pas le permis. Il devient utile pour rejoindre une exploitation isolée et indispensable pour conduire tracteurs ou véhicules de livraison, avec une formation interne à la conduite des engins.

Le travail à la pièce est-il autorisé ?

Une rémunération au rendement est possible si elle est prévue au contrat, mais le salaire versé ne peut jamais être inférieur au Smic horaire pour les heures réellement travaillées. Les heures doivent être enregistrées, même lorsque l’employeur paie au nombre de pots.

Combien de temps dure une saison de sapins de Noël ?

La coupe, le filetage et l’expédition des sapins s’étendent généralement de mi-novembre à mi-décembre, soit quatre à cinq semaines intenses. Les journées en extérieur, au froid et en terrain pentu, demandent une bonne condition physique et des vêtements adaptés.

Une saison en pépinière peut-elle déboucher sur un emploi stable ?

Oui. Les pépinières manquent régulièrement de salariés qualifiés et proposent des CDI aux saisonniers fiables, souvent après deux ou trois saisons. Une formation complémentaire, par exemple un certificat de spécialisation, accélère cette évolution vers un poste de chef d’équipe.

Où trouver ces emplois

  • France Travail – recherche d’offres — Accès officiel au moteur d’offres de France Travail : emplois saisonniers filtrables par métier, lieu et contrat, candidature en ligne.
  • Apecita – agriculture et agroalimentaire — Accès aux offres de l’Apecita, association spécialisée dans l’emploi agricole, agroalimentaire et environnemental, techniciens et encadrement compris.
  • EURES – emplois en Europe — Accès au portail EURES de la Commission européenne, qui regroupe les offres des services publics de l’emploi des pays européens.

Références officielles et légales